L'Agriculteur Charentais 04 septembre 2014 à 08h00 | Par Thierry Michel

Philippe Pinta : «Organisation de la filière et besoins d’accompagnement»

Président de l’AGPB et d’Orama

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- © Reussir

Quelle analyse faites-vous de la situation au terme de la récolte 2014 ?
Le bon volume de la récolte, supérieur à la moyenne, pèse moins dans la balance que la baisse des cours mondiaux depuis un an (- 25 % en blé) et le phénomène de germination sur pied qui a affecté de nombreuses zones. La situation exige que les producteurs soient accompagnés. Et puis, il faut étouffer ce bruit de fond négatif qui court sur la qualité de nos blés et qui pourrait porter atteinte à leur valorisation alors que les normes sont globalement respectées. Certes il y a des disparités inhabituelles de temps de chute de Hagberg, mais grâce au travail exceptionnel de tri entrepris par les organismes de collecte pour alloter les grains, les exigences qualitatives des différents types d’utilisateurs peuvent être satisfaites. Ce travail coûte mais permettra au blé français de trouver toute sa place sur les marchés.

Face à cette situation, l’AGPB a demandé à M. Le Foll de tenir une réunion avec la filière céréalière. Qu’en attendez-vous ?
L’enjeu est double. Compte tenu de ce que représente les activités céréalières dans l’agriculture et dans l’économie générale, il est légitime que le ministre épaule avec les moyens qui sont les siens les efforts d’organisation effectués par la filière pour orienter judicieusement les diverses qualités de blés vers les différents segments de marché. C’est pourquoi nous demandons la création sous son auspice d’un Comité de suivi de campagne et d’un observatoire sur lequel celui-ci pourra s’appuyer. M. Le Foll doit également être sensibilisé aux problèmes de trésorerie qui vont se poser à l’aube des semis de la prochaine récolte et aux situations de revenus très difficiles qui apparaissent, dans les régions intermédiaires notamment. En blé, dans les zones où la qualité est notablement dégradée, il y a fréquemment cette année des pertes de chiffres d’affaire de 200 à 400 euros/ha hors paiement PAC. Et quand le volume n’y est pas, c’est plutôt 500 euros/ha et plus. L’AGPB demande en conséquence un versement anticipé de paiements PAC à la mi-octobre pour tous les producteurs. Elle relance par ailleurs sa demande d’assouplissement de la déduction pour aléas.

Ce contexte inédit ne met-il pas lui aussi en évidence les limites de la PAC en grandes cultures ?
Bien sûr. Du fait des réductions successives de leurs montants, nos paiements-hectare ne nous préservent plus comme auparavant contre les aléas et la nouvelle PAC n’a rien apporté en matière d’assurances. Développer pour les grandes cultures des systèmes d’assurances plus efficients et de rapport qualité/prix optimal est urgent aux yeux de l’AGPB.Propos recueillis par Thierry Michel

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Le chiffre de la semaine
36,1 Mt
Il s’agit de la quantité de blé tendre attendue à l’issue de la moisson 2018, proche de celle de l’an dernier et légèrement supérieure à la moyenne de la période 2013/2017. Le blé dur, en revanche devrait voir sa production baisser de 12,2 %, en raison d’un rendement passant de 55,9 à 51,8 qx et d’une baisse des surfaces cultivées.