L'Agriculteur Charentais 30 janvier 2014 à 08h00 | Par Thierry Michel

Pierre Chevalier - «Export, contractualisation et négociations PAC»

Président de la FNB

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- © T. MICHEL

Quelle sera la grande thématique du congrès de la FNB les 5 et 6 février 2014 ?
Dès la veille du congrès, nous nous exprimerons sur la PAC et la question de la convergence. Les travaux du congrès seront eux centrés sur quelles perspectives pour l’avenir de la production et la filière, avec une grande table ronde le jeudi 6. Tout ceci prend place dans un contexte où le revenu des spécialisés allaitants est le plus bas de France dans le secteur agricole, où les abattages ont reculé en moyenne de 6 % en 2013 et où l’UE a signé ou négocie des accords avec le Canada, les Etats-Unis, le Mercosur et le Brésil. Je rappelle que la viande bovine de ces continents ne correspond pas, sur de nombreux points, aux cahiers des charges et aux réglementations en vigueur dans l’UE (sanitaire, étiquetage, conditions d’élevages…).

Qu’allez vous proposer ?
Nous voulons réagir au nom de l’ensemble de la filière, cette dernière représentant 800 000 emplois. Nous allons détailler notre plan stratégique à l’horizon 2025. Il s’agit de saisir les opportunités à l’export sur pays tiers et nous proposons de créer une cellule export pays tiers associant les familles de l’interprofession. Nous avons aussi besoin des services de l’État sur les questions administratives ou sanitaires par exemple. L’idée est d’encore mieux se positionner sur les marchés dits de qualité, type pourtour méditerranéen ou encore Iran et Iraq, en faisant de la coopération avec eux, pas seulement du commerce. Notre stratégie est aussi de faire porter par l’ensemble de l’interprofession la dénonciation des distorsions de concurrence en provenance des pays tiers. Nous voulons que le Parlement européen soit saisi des questions concernant les accords bilatéraux et que ce ne soit pas l’affaire uniquement de la direction générale du commerce. Nous profiterons aussi du SIA pour lancer officiellement la démarche Viande Bovine Française (VBF) afin de regagner des parts de marché nationales. Nous voulons aussi que la contractualisation prenne toute sa place dans l’économie de la filière.

Et la PAC ?
Aujourd’hui, nous nous demandons ce que veulent les pouvoirs publics. Au Sommet de l’élevage, l’an passé, une enveloppe de 690 millions d’euros était annoncée pour l’élevage allaitant. Ce montant est tombé à 643 millions. L’inquiétude monte chez les éleveurs spécialisés allaitants. Aujourd’hui, nous disons à ces mêmes pouvoirs publics «vous vous étiez engagés pour que les éleveurs spécialisés allaitants ne perdent pas, débrouillez vous pour que ce soit vrai». Avec les changements concernant les DPU et les soutiens, toutes les zones de naisseurs engraisseurs vont être pénalisées, voire laminées pour certaines.

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50 000
La Turquie importe, notamment de la viande bovine (80 % sous forme de bovins maigres et 20 % en bovins finis) pour combler ses besoins sur le marché intérieur. Le pays se place ainsi au 2ème rang mondial des importateurs de bovins, juste derrière l’Union européenne (dans son ensemble). Mais la récente dévaluation de la livre turque fait ralentir ces importations. La France fournissait jusqu’ici 50 000 bovins par an, dont 20 900 broutards (partiellement issus de Poitou-Charentes).

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