L'Agriculteur Charentais 29 août 2013 à 10h50 | Par Myriam Tricoci

Pour le plaisir des yeux - Land art, l’art grandeur nature

De nouveaux artistes s’intéressent de plus en plus à la nature, sujet ou objet de création. Où la nature comme toile et comme mémoire.

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L’une des sentinelles d’Andy Goldsworthy veille sur la réserve géologique de Haute-Provence.
L’une des sentinelles d’Andy Goldsworthy veille sur la réserve géologique de Haute-Provence. - © MYRIAM TRICOCI

Au néolithique, l’homme édifiait des «cairns», des structures en pierre, qui jalonnait sa vie spirituelle. Il faisait du land art sans le savoir, utilisant le paysage et les matériaux naturels pour s’exprimer. Le terme est écossais, mais désigne tout un monde de pierres disposées par la main de l’homme. On en trouve, bien sûr, dans les régions montagneuses où les pierres ne manquent pas. Si certains ont des fonctions religieuses, la plupart sont utilitaires (pour marquer une route ou un croisement). C’est de ceux-là que s’est inspiré un artiste écossais, Andy Goldsworthy, pour ériger ses sentinelles dans la réserve géologique de Haute-Provence.Son expérience allie l’art contemporain et la sauvegarde des patrimoines ruraux sur le territoire protégé de la Réserve Géologique de Haute-Provence, autour de Digne-les-Bains. Trois sentinelles, sorte d’œufs géants composés de pierre sèche taillée, tracent un chemin entre trois vallées, arpentant les montagnes, empruntant d’anciennes routes, découvrant les vestiges d’une vie agricole intense.

Dormir dans une œuvre d’art
À côté de ses œuvres de land art, «Andy Goldsworthy a rénové certains de ces bâtiments en ruines (chapelle, fermes, jas…) afin que les randonneurs puissent s’y abriter, et il a créé dans chacun de ces Refuges d’Art une œuvre spécifique pérenne», soulignent les conservateurs du musée. En effet, depuis 1999 avec le soutien du musée Gassendi et de la Réserve Géologique de Haute Provence, sept Refuges ont pu être réalisés. «Cette démarche est exactement contraire à la tendance actuelle des expositions d’art qui consiste à «consommer» le plus grand nombre d’œuvres possibles en un minimum de temps. Là, il s’agit de passer une journée entière à découvrir une seule œuvre et de passer une nuit avec elle», ajoute Nadine Gomez, conservatrice du musée. Les marcheurs peuvent relier les sentinelles en une semaine.Le domaine du Rayol-Canadel, lui, a choisi une autre façon de découvrir le land art. Il a mis sur pied la première édition d’un festival dédié à cette forme plastique sous le thème «Art et paysage au Jardin des Méditerranées». 

Ou découvrir de drôles de plantes
À l’automne 2012, artistes, plasticiens, architectes ou paysagistes ont répondu à l’appel à projet du conservatoire. Il s’agissait «de se fondre dans le jardin, selon des formes d’intervention artistique multiples (art éphémère, art contemporain, art environnemental), mais aussi dans la philosophie de ce jardin conçu par Gilles Clément (une écologie de moyens : «faire le plus possible avec et le moins contre»).» En février, un jury mené par Gilles Clément a choisi les projets qui apparaissent aujourd’hui au Rayol. On y trouve «essaimer», une installation de Pascale Planche, suspendue et plantée dans le sol. Un assemblage de branches cerclées, légères et mouvantes dont on se demande s’il ne s’agit pas de quelque nid oublié par un oiseau fantastique. Ou encore «Continuum», de Raphaël Caillens et Alexandre Lucas, des pots de plastique bleu qui voyagent dans de nombreux jardins à travers le monde. Au Rayol, ils représentent un ruisseau imaginaire. Cinq autres œuvres se laissent découvrir au milieu de la végétation. Gestes poétiques ou ludiques, le land art interroge l’homme sur son rapport avec la nature. Et relie la beauté du paysage à celle des œuvres humaines, éphémères et marquantes.

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Le chiffre de la semaine
444 M€
444 millions d’euros qui avaient été prélevés sur les paiements directs de la PAC, en prévision de la réserve de crise pour 2018, vont être remboursés aux agriculteurs européens, a annoncé la Commission européenne fin novembre.

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