L'Agriculteur Charentais 05 février 2015 à 08h00 | Par Pierrick Bourgault

Premier bilan après trois mois de nomination

Phil Hogan : Commissaire européen à l’Agriculture

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- © Pierrick Bourgault

À Bruxelles, le 29 janvier 2014, Phil Hogan est intervenu pour rappeler ses objectifs : «Développer la croissance et l’emploi grâce au potentiel de l’agriculture, qui représente déjà une part notable des exportations de l’UE.»

Exportations
«Si nous maintenons nos normes et notre qualité, nous pouvons exporter, par exemple, notre poudre de lait au Japon, en Corée du Sud, au Vietnam… Il faut produire de plus en plus de nourriture pour les 9 milliards d’humains prévus en 2 050. Nous sommes proches des prix du marché mondial pour de nombreux produits, nous sommes en bonne position pour exporter. Nous voulons lever les obstacles, trouver d’autres opportunités sur les marchés des vins et spiritueux. Certaines subventions pourraient être liées aux exportations. Il y aura 30 millions d’euros pour la promotion vers de nouveaux marchés.»
TTIP — Tafta
«Pas question d’abaisser, de sacrifier nos normes. Nous avons des domaines sensibles (boeuf, riz, amidon…). Nous ne transigerons pas et n’allons pas nous plier à leur calendrier. Nous négocions fermement, d’égal à égal, afin d’aboutir à un accord satisfaisant, en particulier sur l’origine des aliments. Nous voulons améliorer la commercialisation aux États-Unis, élargir le marché tout en protégeant nos normes».
Crise russe
«J’ai hérité d’une situation où la crise russe nous a privés de 443 millions d’euros tout en nous demandant un budget pour soutenir les producteurs de lait et de fruits et légumes. Nous allons retirer 155 000 tonnes de pommes. Plus de 75 % de la viande de porc qui partait vers la Russie a trouvé d’autres acheteurs». L’un des risques politiques : des négociations bilatérales, entre la Russie et un seul pays, cassant la solidarité entre les membres de l’Union. Phil Hogan affirme qu’il y prend garde.
Lait
«En janvier 2013, le prix moyen du lait était de 325 euros/t et, en novembre 2014, de 324 euros/t. Ce prix est stable en Europe — à l’exception de la Finlande et des Pays Baltes, où il diminue à cause de l’embargo russe. La fin des quotas semble accueillie avec optimisme, le cours du beurre a augmenté de 16 % et la production de lait de 5 % en volume. »
Bœuf
«En ce qui concerne les normes sanitaires, mon collègue de la DG santé étudie le dossier. Je serai aux États-Unis du 16 au 21 février, je verrai la pression qu’ils mettent. Le boeuf irlandais s’exporte déjà outre Atlantique. L’Europe a conclu avec le Canada un accord très satisfaisant, un accord avec les Américains doit être possible.»
Dette des agriculteurs
«C’est inquiétant. Il faut qu’ils soient en sécurité. L’agricul-ture est un travail risqué. Nous avons besoin d’eux et devons faire en sorte que les producteurs puissent produire, sans craindre la faillite qui serait nuisible aux zones rurales. Quelques pistes : augmenter de 25 % les paiements aux jeunes agriculteurs pour les aider à acheter des terres ou améliorer leur équipement. On peut aussi envisager de modifier les lois sur l’héritage. Nous prévoyons de nouveaux investissements avec des fonds de la BEI pour le développement rural, pour la croissance.»
Simplification
«Il y a une accumulation de règlements, depuis des années. Nous devons réduire la charge de travail à tous les niveaux, il faut simplifier pour les Etats membres, les agences de paiement, les producteurs… Nous avons une obligation de clarté, il faut que les agriculteurs sachent sur quoi ils vont être jugés.»

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Quinze des 29 projets agricoles déposés par les zadistes de Notre-Dame-des-Landes ont d’ores et déjà été jugés «éligibles» à la signature de conventions d’occupation précaire (COP), a annoncé le 14 mai le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert. Pour les autres projets, «nous avons encore besoin de temps pour continuer à les examiner», soit en raison de dossiers incomplets, soit du fait de conflits d’usage avec d’autres exploitations agricoles, a ajouté le ministre.

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