L'Agriculteur Charentais 27 février 2014 à 08h00 | Par l'Agriculteur Charentais

Pulvé - Ai-je une gueule d’atmosphère ?

L’activité agricole disperse des molécules lors des traitements. Elles voyagent avec le vent et tombent avec la pluie.

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Créée en 76 par Michel Crépeau pour surveiller la qualité de l’air rochelais, boostée par la loi sur l’air de 2006, l’ATMO* surveille les polluants réglementés (particules d’oxyde d’azote, d’ozone, de monoxyde de carbone et de dioxyde de souffre). Parmi les «émetteurs» en milieu urbain : les transports, les industries, le chauffage résidentiel; en zone rurale, agriculture, activités d’élevage. Avec une station fixe à Tauché (79), près de la forêt de Chizé, et d’autres «itinérantes» et mobile dans les centres bourgs, l’ATMO, implantée dans la banlieue rochelaise, «mesure» la «pollution de fond» et celles plus conjoncturelles. Exemple de mesures mobiles, actuellement sur Saint Symphorien près de Rochefort à la demande de la commune. Dans les analyses aussi figurent les «polluants non règlementés» dont les pesticides depuis 10 ans. «Autant c’est largement suivi dans l’eau, cela ne l’était pas dans l’air» souligne Agnès Heulin. «Les modes de transfert sont peu connus. Certes, on le voit avec la dérive au moment de l’application, mais il y a la re-volatilisation à partir des sols et par les végétaux» décrit l’ingénieure de l’ATMO. «Nos analyses publiées chaque année montrent une présence de pesticides dans l’air, pas seulement au moment des traitements. Des molécules interdites d’utilisation, comme le lindane, sont encore présentes dans toutes nos analyses de janvier à décembre. Ce sont des courbes qui suivent les courbes de températures. Le lindane, cet insecticide,  se volatilise. Ce sont des molécules persistantes.» 

Le fond «rural»
La mesure de l’air rural n’est pas systématique. Il existe en France un réseau de mesures, mais l’ATMO n’en fait pas partie. Ce qu’elle nomme les «valeurs de fond», dans la construction de la modélisation des pollutions urbaines, viennent s’ajouter à l’émission ponctuelle ou citadine. «Ce fond rural existe toujours, même si on supprimait toutes les pollutions urbaines.» En un mot, «l’air pur» n’existe pas. Dans «l’inventaire annuel et régional des émissions», collation des données statistiques jusqu’à la commune, logements, chauffages, activités industrielles, activités agricoles, l’ATMO corrèle les pourcentages de polluants présents aux activités. Pour le monde rural est une source dominante dans l’émission des particules. Le monde agricole émet lors du travail des sols. Les ammoniacs ou les engrais, l’oxyde d’azote, une fois dans l’air, vont à force de réactions chimiques devenir particules secondaires. «C’est typique au printemps» Données qui une fois prises sont transmises aux pouvoirs publics pour «qu’ils prennent les recommandations ou des mesures.»

Lire la suite dans notre édition du 28 février

Une complexité volante

Dans la « diversification » des molécules employées en milieu rural, difficile de cerner les tendances. Agnès Heulin constate, dans le temps, une baisse de la concentration d’herbicides et des insecticides dans l’air, une variabilité des fongicides d’une année à l’autre. « La variété des molécules, de leur structure, de leur manière de s’agréger, fait que tout peut être possible, dans l’espace et dans le temps. Certaines n’ont pas le temps d’être transportées qu’elles sont dégradées. D’autres, c’est l’inverse. » Elle conclut : « en zone rurale, entre polluants réglementés au-deçà des seuils d’alerte et les pesticides, il faut distinguer les concentrations. » La mesure donne un niveau et ensuite on compare. « Il y a des transferts de masse qui peuvent venir de l’Europe de l’Est ou de la région picto-charentaise »  qui font parfois dépasser les seuils. Et pour casser définitivement le mythe : l’air pur en haute montagne n’existe pas plus, comme en haute mer…

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