L'Agriculteur Charentais 05 mars 2015 à 08h00 | Par Thierry Michel

«Réduire les émissions de GES»

Thierry Geslain : Directeur des affaires scientifiques et techniques du CNIEL

Abonnez-vous Réagir Imprimer
- © GUILLAUME BLANCHON/CNIEL

Vous lancez l’initiative Life Carbon Dairy. De quoi s’agit-il ?
Au moment où la France accueille la COP21 et où le secteur agricole se rassemble dans une grande conférence pour dire comment il peut être une partie de la solution pour contrer le changement climatique, il s’agit de mettre en place un plan carbone de la production laitière française. Dans un premier temps, il s’agit de comprendre et d’informer puis agir. Sensibiliser les exploitants nous apparaît important pour s’emparer des leviers qui permettent d’agir sur leurs propres émissions. L’objectif global, je dis bien global, est d’arriver à les abaisser de 20% sur dix ans pour l’ensemble du cheptel.

Et concrètement ?
Dans 4 000 exploitations laitières, des personnels du contrôle laitier vont passer une demi-journée à recueillir des données complémentaires à celles qu’ils détiennent déjà pour produire une analyse environnementale de l’atelier laitier. L’idée est ensuite de calculer une empreinte carbone nette dudit atelier en l’étalonnant par rapport à une référence correspondant à l’activité de travail. Cette empreinte est composée des émissions (dioxyde de carbone, protoxyde d’azote et méthane) mais aussi des indicateurs positifs que sont la présence de prairies et de haies. Le calcul peut également présenter une répartition des gaz à effet de serre par poste (fermentation entérique, pâturage, carburants/électricité, aliments achetés…). Une fois cet « état des lieux » effectué, on peut alors dégager des pistes et des leviers pour améliorer la situation. On peut travailler sur la gestion du troupeau, les aliments achetés, la gestion des effluents, la fertilisation azotée, les énergies directes ou encore la compensation carbone.

Avez-vous quelques exemples de leviers pratiques ?
A ce stade, permettez- moi de préciser que la participation d’un exploitant à cette analyse et à ces propositions d’amélioration se fait sur une base volontaire de sa part. On peut travailler sur l’optimisation de l’âge au vêlage, favoriser l’implantation de légumineuses dans les prairies et inter-cultures, réduire les périodes improductives ou encore améliorer le plan d’épandage des effluents pour la partie organisation du travail…

Vous préparez aussi un plan d’adaptation au changement climatique. Pouvez-vous en dire quelques mots ?
Il s’agit là, avec un certain nombre de partenaires, de se projeter sur ce que peut être le climat en 2050 et à en tirer des conclusions sur les impacts et conséquences que cela pourrait avoir sur tel ou tel type d’élevage laitier.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. l'Agriculteur Charentais se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Le chiffre de la semaine
60 %
Au 1er mai, 60 % des nappes phréatiques affichent un niveau modérément haut à très haut, 21 % modérément bas à très bas, 19 % dans la moyenne, indique le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières), soulignant une «recharge efficace» grâce aux pluies de début 2018.

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui