L'Agriculteur Charentais 12 juin 2014 à 09h55 | Par Myriam Tricoci

Rémy Engel - «Valoriser le lisier en circuit fermé»

Ingénieur agronome spécialisé en méthanisation et fondateur de la start-up Nénufar

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- © M. Tricoci

Pouvez-vous nous présenter votre projet ?
Nous avons développé une couverture de fosse à lisier pour produire du méthane à la ferme. Nous captons le biogaz produit dans la fosse à lisiers, et permettons sa valorisation directement sur la ferme. Avec un double intérêt : réduire l’émission de gaz à effet de serre et les factures de gaz. L’investissement initial est bien plus faible que pour les installations classiques, ce qui rend la technologie adaptée aux exploitations de taille moyenne (100 d’unités gros bétail -UGB- environ). L’idée étant d’utiliser le lisier produit sur place. Et de se servir directement du gaz ainsi produit en changeant simplement les brûleurs des chaudières déjà présentes sur l’exploitation.

Pouvez-vous nous en dire plus sur les différents types de méthanisation ?
La méthanisation se partage en 3 procédés en fonction de la température du process. Le premier est thermophile. Il fonctionne à 55 °C. Il n’est pas très stable, mais rapide. Il consomme beaucoup de chaleur, n’est pas facile à piloter, mais il est souvent utilisé par les industries. Le second est mésophile. C’est le modèle utilisé en Allemagne. Il fonctionne à 37 °C à partir de grosses unités de production. Le troisième procédé est utilisé au Canada et émerge en France. C’est la méthanisation à température ambiante. Trois facteurs jouent un rôle dans la production de biogaz à partir du lisier : la température, le taux de remplissage et le temps de séjour dans la fosse. C’est la méthode mise en place à Grignon. La cinétique est plus lente, mais l’unité est moins coûteuse et l’unité rentable.

Ne peut-on craindre un démarrage en trombe et un arrêt progressif pour la méthanisation ?
Justement, je ne crois pas dans le modèle allemand puisqu’il nécessite un investissement lourd (de l’ordre d’un million d’euros) et de cultiver spécifiquement du maïs pour fonctionner. Mais ce n’est pas le cas du système que nous testons à Grignon. Il utilise le lisier, une ressource qui existe déjà et qu’il faudra couvrir. Une directive européenne est en préparation à ce sujet d’ailleurs. Il est accessible et fonctionne directement à la ferme. Reste à travailler sur un autre débouché que la production de chaleur : celle de gaz utilisé comme carburant. 3 constructeurs proposent déjà des tracteurs fonctionnant au biométhane-carburant. Il faut trouver comment fabriquer une station de compression du gaz «low cost» pour s’alimenter à la ferme. Pour l’instant, les prototypes ne sont pas rentables. Mais cela devrait venir.

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Malgré une superficie de culture de pommes de terre en hausse de 5 000 hectares en France cette année, la production a reculé de 9,6%, à 5,85 millions de tonnes, contre 6, 47 millions l’an dernier La production a fortement baissé en Picardie (-10,6%), dans le Nord Pas de Calais (-11,6%), en Alsace (-19,9%) et surtout en Haute Normandie (-25,9%). Ces chiffres concernent la pomme de terre dite de conservation, c’est-et pomme de terre industrielle.

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