L'Agriculteur Charentais 28 mai 2015 à 08h00 | Par Bernard Aumailley

Rester plus forts ensemble

Michel Pelletier : Président de la section anciens exploitation FNSEA17

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- © AC 17

Votre section tient son AG le 4 juin prochain(1), quel est le bilan de l’année passée ?
Nous avons eu des «miettes», 40 €. C’est une aumône ! En 2014, nous avons eu une avancée significative dans l’attribution de points gratuits pour la RCO notamment pour les conjointes. Ce qui se traduit par une augmentation de 30 € par mois. C’était une ancienne revendication, à l’appui d’une pétition qui avait recueilli 100 000 signatures en 2012, remises aux candidats. Mais 2014 reste une année noire, car il y a eu une conséquence sur la fiscalité des retraités, du fait de la baisse des tranches de revenus. La moyenne de retraite des femmes, toujours laissées pour compte, est de 541 € par mois. C’est une retraite de misère alors que les agriculteurs, hommes et femmes, ont apporté leur contribution à l’essor économique de la France. Les hommes touchent en moyenne 10 000 € par an. Depuis avril 2013, nous n’avons pas eu d’augmentation des retraites !

La situation des «nouveaux retraités» d’aujourd’hui est meilleure…
Ils ont cotisé sur de nouveaux critères. Avant, c’était fondé sur le revenu cadastral, puis ensuite cadré sur le revenu réel. Aujourd’hui les agriculteurs payent comme les autres. Nous fêtons, cette année, les 70 ans du régime de retraite agricole dont l’un des premiers fut André Chaigne. La majorité des anciens exploitants ont une retraite en deçà des 75 % du SMIC, alors que les salariés sont au-dessus de 85 %.. Dans les engagements politiques nous devions atteindre les 75 % mais… Nous sommes actuellement à 72 %. Il y a des retraités agricoles qui connaissent des difficultés, ont du mal à joindre les deux bouts. Surtout les femmes, même avec une réversion agricole qui ne prend pas les critères des autres catégories sociales. Notre grande bagarre porte sur plus de justice et d’égalité de traitement. Beaucoup de choses ne vont pas au niveau de la retraite :  attribution de points, annuités, retraite minimum, intégration des primes, avantages familiaux, taux de réversion, règles d’indexation, … la liste est longue. Des différences sont injustifiables. Il y a des situations d’isolement et de précarité chez les retraités agricoles. L’accès aux soins est différent aussi entre monde rural, avec des niveaux de revenus. 

Combien de temps resterez vous les parias du système de retraite français ?
Nous nous battrons contre cet état de fait ! La dématérialisation nous défavorise aussi. C’est bien pour les internautes, mais pas pour la majorité des retraités agricoles qui, soit n’ont pas d’ordinateur, soit n’ont pas accès à internet. Seulement 15 % des retraités sont connectés ! Du côté de la MSA des Charentes, notre «grogne» a reçu un écho, notamment sur les relevés de compte. Il faut revoir la communication et trouver un palliatif. Notre accord de groupe avec Mutualia nous donne une situation semestrielle papier.
(1) à Pont l’Abbé d’Arnoult

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Le chiffre de la semaine
36,1 Mt
Il s’agit de la quantité de blé tendre attendue à l’issue de la moisson 2018, proche de celle de l’an dernier et légèrement supérieure à la moyenne de la période 2013/2017. Le blé dur, en revanche devrait voir sa production baisser de 12,2 %, en raison d’un rendement passant de 55,9 à 51,8 qx et d’une baisse des surfaces cultivées.

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