L'Agriculteur Charentais 08 octobre 2015 à 08h00 | Par JC. DETAILLE

Semenciers et irrigants jugent “urgent de faire avancer la politique de l’eau”

De nombreux projets de stockage restent en souffrance, d’après la filière semencière et Irrigants de France, lors d’un colloque “Eau & Semences : des ressources pour l’avenir”.

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“Nous devons avoir une politique de stockage réelle et concrète”, a déclaré Jean-Luc Capes, président du groupe Eau de la FNSEA, lors du colloque Eau et semences.
“Nous devons avoir une politique de stockage réelle et concrète”, a déclaré Jean-Luc Capes, président du groupe Eau de la FNSEA, lors du colloque Eau et semences. - © L. G.

«Il faut une réelle politique de stockage», a déclaré Jean-Luc Capes, président du groupe Eau de la FNSEA, en marge du colloque, “Eau & Semences : des ressources pour l’avenir”, le 30 septembre. «Ça ne bouge plus depuis huit ans» concernant la création de ressources en eau. Pour preuve, seuls 10 % des enveloppes de financement sont consommées dans son bassin Adour-Garonne, d’après lui. «Une diabolisation de l’agriculture, de la recherche et l’innovation, de l’irrigation est apparue en dix ans», s’est-il exprimé avec sa casquette de président de Maïsadour Semences lors d’une table ronde. «C’est un peu comme les OGM, victimes d’une guerre de religion animée par des sectes», a lancé Jean-Luc Capes, déclenchant les applaudissements de la salle.

Des projets devenus rares

Céline Imart, vice-présidente des Jeunes Agriculteurs, a déploré une «résignation» des agriculteurs, leurs projets sur l’eau se heurtant à des difficultés financières, administratives, sociétales. Exemple : pour une exploitation comme la sienne, l’étude préalable coûte 20 à 30 000 euros. «Irriguer est devenu une grosse galère », a-t-elle relevé. «Ça passe très mal sur le plan sociétal, l’irrigation étant associée à l’agriculture intensive, au maïs.» «Un gros blocage idéologique» sévit d’après elle dans «les instances, où il n’est pas de bon ton de parler ouvrage, retenue d’eau.» Résultat, les projets sont de plus en plus rares.«Au sein du comité de bassin (Rhône-Méditerranée), le débat sur l’usage agricole de l’eau s’est durci», a noté son président Michel Dantin, également député européen. Le collège des élus se montre «plutôt rétif vis-à-vis de l’irrigation», ayant «une culture plus urbaine» et «une moins grande compréhension à l’égard des agriculteurs». Ce n’est guère mieux dans le collège des usagers : «L’agriculture n’a plus dans l’opinion la même perception».


Suite dans l 'édition du 09 octobre. Retrouvez le point de vue de Luc Servant, président de la Chambre d'agriculture 17 dans la version papier

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