L'Agriculteur Charentais 09 mai 2014 à 10h17 | Par l'Agriculteur Charentais

STRUCTURES - Les holding séduisent de plus en plus les agriculteurs

Les sociétés holding se sont développées dans les campagnes. Les agriculteurs sont séduits par ce schéma pour gérer leurs exploitations, souvent les plus performantes.

Abonnez-vous Réagir Imprimer

Sorte de second degré des formes sociétaires, qui représentaient 29 des exploitations agricoles en 2010, les holdings, aussi appelées sociétés mères, se développent dans les campagnes. Si jusqu’ici le ministère de l’Agriculture n’en a pas tenu pas le compte exact, l’avocat spécialisé de droit rural Lionel Manteau estime qu’elles seraient déjà plusieurs centaines en France. Dans la forme, la holding agricole est tout simplement une société, souvent une SARL, qui possède des participations dans d’autres sociétés (SCEA, GFA...), les sociétés filles.
Des holdings familiales pour la plupartSes intérêts sont multiples pour les agriculteurs. Diminuer le montant de l’impôt pour réaliser un investissement, faciliter une transmission familiale ou échapper au Contrôle des structures lors d’un agrandissement. «Plus vous avez de sociétés, plus vous multipliez les possibilités de solutions», explique l’avocat Denis Guérard, familier du dispositif. Parmi les utilisateurs de la holding agricole les plus fameux, on trouve l’entrepreneur de travaux publics, Michel Ramery, à l’origine du projet de «Ferme des 1000 vaches». Il possède dans la Somme des participations dans plusieurs exploitations par l’intermédiaire de sa holding, la SARL MR Finance. Mais les holdings sont le plus souvent contrôlées par les agriculteurs eux-mêmes. «Ce sont à 95 des holdings familiales», constate Gilles Pellerin, directeur d’AS Entreprises, un centre de gestion de la Marne, qui compte environs 80 holdings dans son portefeuille de clients.Derrière la holding agricole, l’objectif le plus souvent recherché est la transmission dans un cadre familial, assurent les avocats. «Quand il y a plusieurs héritiers, cela permet de donner le pouvoir décisionnel au gestionnaire, alors qu’il est minoritaire», explique Lionel Manteau. «Dans la Marne, certaines exploitations ont beaucoup d’actifs, notamment dans la viticulture, explique Gilles Pellerin. Nous ne sommes mêmes plus capables d’installer un fils petit à petit. Alors souvent, nous créons une holding familiale qui détient l’exploitation à 40 dans lequel le repreneur détient la majorité. Et c’est cette holding qui va s’endetter pour reprendre l’exploitation».

Moins d’impôts pour investir plus

Les conseillers juridiques ne le cachent pas, la holding sert aussi à diminuer le montant de ses impôts. En effet, une holding peut être soumise à l’impôt sur les sociétés (IS) au taux de 33,3, tandis que dans une exploitation agricole de type SCEA, les associés peuvent être soumis à l’impôt sur le revenu jusqu’au taux marginal de 50.


Lire la suite dans l'édition du vendredi 09 mai 2014

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. l'Agriculteur Charentais se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Le chiffre de la semaine
50 000
La Turquie importe, notamment de la viande bovine (80 % sous forme de bovins maigres et 20 % en bovins finis) pour combler ses besoins sur le marché intérieur. Le pays se place ainsi au 2ème rang mondial des importateurs de bovins, juste derrière l’Union européenne (dans son ensemble). Mais la récente dévaluation de la livre turque fait ralentir ces importations. La France fournissait jusqu’ici 50 000 bovins par an, dont 20 900 broutards (partiellement issus de Poitou-Charentes).

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 23 unes régionales aujourd'hui