L'Agriculteur Charentais 20 août 2015 à 08h00 | Par CP

Syndical : Désabusés, les agriculteurs se préparent à une rentrée musclée

Ils étaient près de 100, adhérents de la FNSEA et de JA, à se déplacer à Ste Soline. Avec Xavier Beulin, ils ont fait le tour, au-delà des prix, des nombreux points de blocage .

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“Il est temps d’agir.”
“Il est temps d’agir.” - © AGRI 79

La veille la Cooperl boudait le marché du porc Breton évoquant son incapacité à maintenir le prix exigé par l’Etat Français – 1,40 €/kilo - alors que sur son activité export - 35 % de ses volumes – la coopérative se trouve en concurrence avec des pays dont les cours sont inférieurs de 0,28 à 0,38 €/kilo. La semaine précédente certains industriels laitiers déclaraient ne pas avoir pris d’engagement quant au niveau de prix pour la fin de l’année contrairement aux annonces.
Mardi 11 août, c’est dans un climat de tension et d’exaspération palpable que Xavier Beulin président de la Fnsea était accueilli par les siens à Ste-Soline (79). Sur l’exploitation de Sylvie et Philippe Perrault, éleveurs de chèvres, les échanges, parfois passionnés, portaient sur le prix mais pas seulement. La valorisation des productions agricoles découlera de stratégies claires tant à l’échelle française qu’européenne. C’est précisément cette absence de stratégie, de politique claire que les agriculteurs à travers les nombreux sujets évoqués ont fustigé toute la matinée. Ils dénoncent avec véhémence l’absence de perspectives économiques, des prix qui ne permettent plus de couvrir les charges, les stratégies opaques des coopératives ou industriels, les lourdeurs administratives, le dumping social et environnemental qui à l’échelle européenne défavoriserait l’agriculture française.

Lire la suite dans notre édition du 21 août

Constaté sur place l’accord du 24 juillet

On le sait que la tension, mise en grande partie par les élus de la FNSEA et des JA, dans nombre de départements ont amené les pouvoirs publics et notamment le ministre à multiplier les déclarations et les promesses. Comme les syndicalistes agricoles ne peuvent s’en satisfaire, ils avaient décidé le 7 août dernier d’aller constater directement dans certaines entreprises de la grande distribution la provenance de certains produits et les prix pratiqués.
«Suite à la mise sous surveillance des supermarchés de Charente-Maritime, il y a été constaté le plus de problème dans les Leaders Price, avec notamment du lait Belge et espagnol» déclaraient conjointement la FNSEA 17 et JA 17 à l’issue de leur visite impromptue dans les magasins charentais maritimes. «Les éleveurs ont donc décidé d’une action simultanée le 7 août dans plusieurs magasins de cette enseigne.» La marque de «hard discount» était l’objet de leur investigation. «Tous les produits laitiers qui ne respectent pas l’accord du 24 juillet ont été sortis, ainsi que quelques viandes étrangères (poulet allemand, canard bulgare…).» Il n’en manquait pas. «Les produits ont été calmement collectés sous l’œil désabusé des responsables de magasin (à part à Pont Labbé d’Arnould où l’opération a été plus tendue) et immédiatement livrés à des associations (banques alimentaires essentiellement).»
Pour «marquer le coup» et démontrer que les seules déclarations verbales ne suffisent pas, mais que cela doit impérativement se traduire dans les actes, les deux organisations syndicales agricoles ont promis «d’y revenir» si nécessaire.

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- 10 %
Malgré une superficie de culture de pommes de terre en hausse de 5 000 hectares en France cette année, la production a reculé de 9,6%, à 5,85 millions de tonnes, contre 6, 47 millions l’an dernier La production a fortement baissé en Picardie (-10,6%), dans le Nord Pas de Calais (-11,6%), en Alsace (-19,9%) et surtout en Haute Normandie (-25,9%). Ces chiffres concernent la pomme de terre dite de conservation, c’est-et pomme de terre industrielle.

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