L'Agriculteur Charentais 13 novembre 2014 à 08h00 | Par J.C. DETAILLE

Traitements de semences Le Sénat pose l’idée d’un moratoire sur les néonicotinoïdes

Les sénateurs examineront une résolution sur un moratoire sur les pesticides et les néonicotinoïdes. Perspective qui inquiète les semenciers

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Le texte déposé conjointement par le sénateur EELV Joël Labbé et le député PS Germinal Peiro «invite le gouvernement français à agir auprès de l’Union européenne pour une interdiction de toutes les utilisations de ces substances tant que les risques graves pour la santé humaine, animale et l’environnement ne seront pas écartés». À l’assemblée générale de l’Union française des semenciers (UFS) le 5 novembre, son président Régis Fournier s’est dit «très inquiet» d’une telle extension du moratoire, qui frappe déjà le maïs, le pois, le colza, le tournesol et le coton. Patrick Dehaumont, directeur de la DGAL, lui a répondu «ne pas fermer la porte» aux traitements de semences : «On souhaite être robuste scientifiquement en matière d’évaluation du risque ».L’UFS défend l’intérêt des traitements de semences vis-à-vis des certificats d’économie de produits phytosanitaires, qui seront expérimentés l’an prochain suite à la loi d’avenir. «Lors de notre audition par le député Dominique Potier, nous avons proposé les traitements de semences, a déclaré le DG Eric Devron en conférence de presse le 4 novembre. Ils permettent de diminuer l’emploi de phytos.» D’une part, en favorisant une bonne implantation des cultures, synonyme d’interventions réduites en phase végétative. D’autre part, en limitant la quantité de matière active épandue.En parallèle, les semenciers mettent en avant leurs actions pour réduire le risque d’exposition. La France est le premier pays en nombre d’usines sous certification Plan Qualité Poussière, qui englobe 90 % de la production de maïs, 85 % en tournesol, 77 % en colza. Les 100 % sont visés pour 2015, avec aussi d’autres espèces (betteraves, protéagineux) en plus de celles lancées plus récemment (céréales à paille).

Présence fortuite d’OGM
Autre sujet brûlant, celui de la présence fortuite d’OGM dans les semences conventionnelles. «L’absence de seuil commercial représente une épée de Damoclès pour les agriculteurs et les semenciers», a insisté Régis Fournier face aux journalistes. L’UFS réclame une tolérance de 0,4 % de présence fortuite dans les semences, correspondant à l’obtention du 0,9 % d’événements autorisés pour l’alimentation humaine et animale.Elle est en train de bâtir un référentiel de production, qui vise à faire certifier par une autorité indépendante la maîtrise de ce risque dans les établissements. Chantier qui devrait aboutir d’ici un an. «Les entreprises ont besoin d’une harmonisation des méthodes d’échantillonnage et d’analyse en Europe et la fixation d’une limite technique c’est-à-dire la plus faible trace détectable de manière fiable et reproductible dans un échantillon», a souligné Régis Fournier.Cela fait des années que le sujet traîne. Un groupe de travail doit rendre ses conclusions fin 2014, a annoncé le directeur de la DGAL. «Oui, il faut un seuil», a admis Patrick Dehaumont le 5 novembre devant les semenciers. «Mais lequel : 0,01 %, qui est le seuil de détectabilité, 0,1 %, soit la pratique actuelle, 0,4 %, demandé par l’UFS ou 0,5 %, comme en Espagne ?» La réponse sera, d’après lui, «au maximum, le seuil actuel de 0,1 %» : «Ça paraît difficile de monter à 0,4 %». Une nouvelle accueillie par un grondement dans la salle.

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Le chiffre de la semaine
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C'est en moyenne le poids en kilo de fruits frais achetés par ménage entre janvier et mai dernier. Durant les cinq premiers mois de l’année 2018, les achats en volume de fruits frais des ménages français pour leur consommation à domicile (3 543 kg pour 100 ménages) sont en légère diminution par rapport la même période en 2017 (- 2  %) ainsi que par rapport à la moyenne triennale (- 3 %).