L'Agriculteur Charentais 10 novembre 2016 à 08h00 | Par l'Agriculteur Charentais

Un siècle d'agriculture

un collectif d'historiens, de géographes, d'acteurs du monde agricole départemental ont retracé un siècle d'agriculture en Charente-Maritime : grandes dates, petits moments, choix, orientations.

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- © AC

L’entreprise avait déjà étéréalisée pour les troisautres départements defeu-Poitou Charentes. Pour point de départ, la fondation Xavier Bernard se donne deposer des jalons pour larecherche en ruralité et en agriculturesur la base de l’histoirepassée récente. On pourraitcroire la chose aisée s’il ne fallaitbatailler contre le désir d’oubli, «car les protagonistessont encore là» ; comme si ces périodes proches étaient sous cloche car leurs artisansn’avaient ni consigné, niraconté, ni protégé leur documentation.Comme si la relecture des événements, de l’enchaînement des causes, desconséquences, des choix, des orientations se devaient de laisser accumuler la poussière de sans, voire des siècles pourdevenir utilisable aux historiens. Course de vitesse contrela mémoire qui défaille, parce que certains sont prompts àjeter toutes traces, à ne croireque le passé n’a pas leçons pourle présent, graines pour l’avenir. Restructurations, déménagements,disparitions des acteurs gomment le calendrier passé, dates, repères, négociations, palabres et réalisations.Qui se souvient des tentatives de la poule Vedette ou de la betterave?

Faisant fi de ces réticences, sollicitant les «acteurs» de ces périodes, pourtant peu avares de récits, de précisions, d’anecdotes,le quatrième tome de l’histoirede l’agriculture au XXIème siècleest paru avec le volet consacréà la Charente-Maritime. Michel Coutelle, ancien directeurde la Chambre régionale,en est le principal coordinateur. Autour de lui, 19 «signatures», observateurs de la chose «agricole et rurale» du département, consignateurs desvirages, des tendances, desorientations. Faut-il direcomme l’historien Maurice Mathieu penser que les choixde Dullin influencèrent pourdes décennies l’agriculturedépartementale ? Remonteraux acteurs du développement agricole de 1957 pour expliquerle biais pris dans les marais, comme le fait Léon-Louis Damour où il explicitele parcours du siècle, du progressif abandon des années 50 à celui de l’émergence d’une gestion concertée pour une«viabilité économique.» Comme en miroir, il faut lirela contribution de Michel Métais (ex-LPO) dont la présencedans ce livre montre le«virage» des années 90 : celuide l’environnement et de «l’occupationet l’utilisation des espaces naturels comme préalablede l’action locale.» Survolantle siècle, on «comprend» mieux les enjeux oléronais ourétais. Ce trajet dans le temps lorsqu’il s’agit des laiteriesmontre comment les crises marquent, saignent, déstabilisent.La mondialisation vient s’échouer sur le berceau des coops. Les témoins que sont André Boutteaud, Lucien Menet, Henri Ferru ou André Chaigne. C’est durant ce siècle que «naît» le pineau (1935 officiellement).Le géographe-historien Gilles Bernard le prendà témoin pour apprécier l’évolutiondu vignoble charentais maritime et de cette «production annexe.» Tout comme leparcours dans la diversificationque propose Bernard Bouju. Cette agriculture-là estfaite d’hommes et de femmes que les groupements de développement, les syndicalistes accompagnèrent. C’est aussiun «jalon» de ce livre. Michel Coutelle s’interroge :«aujourd’hui, les agriculteurs,les jeunes ne savent plus comment s’est opérée la mutation du monde agricole charentaismaritime.C’est nécessaired’avoir planté ces drapeaux dans l’histoire, ces balises.» L’historienne Sandra Menenteau atout mis en ordre, répertoriésources et pistes, travaux ettémoignages. L’idée est d’inciterles universitaires et leurs apprentis à se pencher sur cette histoire immédiate.

BERNARD AUMAILLEY

«L’agriculture en Charente-Maritimeau XXième siècle» guide etjalons pour la recherche. Fondation Xavier Bernard. Disponible àl’Agriculteur Charentais surdemande. 16 €+ port.

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Le chiffre de la semaine
1 832
C’est le nombre d’amendements dans le cadre du projet de loi EGALim (états généraux de l’alimentation). En effet, 2094 amendements ont été déposés par les députés, dont 262 ont été jugés irrecevables. 1832 amendements restaient à examiner d’ici le 20 avril.