L'Agriculteur Charentais 21 mai 2015 à 08h00 | Par ED

Viande : Comment peut-on ou pas sortir de crise

Des cours qui stagnent, les prix à la consommation progressent, des comptabilités en berne, une nouvelle Pac… Les difficultés s’amoncellent sur les éleveurs de vaches allaitantes.

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- © Cyrielle Delisle

Durant plusieurs jours, ils ont manifesté leur «colère» et leur «ras-le-bol» en bloquant des abattoirs afin de tarir les approvisionnements de la distribution. L’annonce des mesures d’allégement de charge pour les éleveurs, prises par le ministre de l’Agriculture une semaine auparavant, n’a pas détendu la situation. Une réunion de crise s’est donc tenue le 12 mai avec l’ensemble des acteurs de la filière au ministère. Sans grand résultat. Nouveau rendez-vous est donc pris, un mois plus tard, avec une série de «propositions concrètes» exigées. Les éleveurs avaient manifesté leur mécontentement par le blocage de certains abattoirs des trois plus grands groupes industriels de la viande, Bigard, Elivia (coopérative) et SVA Jean Rozé, quelques jours auparavant. Pour la FNB, ces actions sont «l’expression de la colère et du ras-le-bol des producteurs, après une chute de leur revenu, déjà au plus bas, et les difficultés inextricables de trésorerie qu’ils affrontent depuis trop longtemps. Elles aboutissent à des situations dramatiques sur le terrain».Philippe Martineau, président d’Elivia et également éleveur, reconnaît lui-même que la tension montait depuis quelque temps dans les campagnes. «C’était sous-jacent. Les éleveurs deviennent insolvables. En mai, il faut payer les fermages, la MSA, prévoir les mises en places… Les éleveurs ne savent plus comment faire». Depuis près d’un an et demi, ils peinent à couvrir leurs coûts de production. Pour Jean-Pierre Fleury, «il manque 0,60€/kg carcasse». Thierry Thomas parle d’un «manque de 250 à 300€ par jeune bovin». Pour autant, le prix à la consommation a augmenté. Selon l'Observatoire des prix et des marges, en 2014, les prix de la viande à la production ont baissé de 6 à 8% tandis que les prix au détail étaient en «hausse modérée» de 1%. Dominique Langlois, également président du groupe SVA Jean Rozé, tout comme Philippe Martineau et même Stéphane Le Foll, rappellent que, dans tous les cas, les marges des outils d’abattage-distribution sont faibles, de l’ordre de 0,7 à 2%.
Lire l'enquête dans notre édition du 22 mai

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Quinze des 29 projets agricoles déposés par les zadistes de Notre-Dame-des-Landes ont d’ores et déjà été jugés «éligibles» à la signature de conventions d’occupation précaire (COP), a annoncé le 14 mai le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert. Pour les autres projets, «nous avons encore besoin de temps pour continuer à les examiner», soit en raison de dossiers incomplets, soit du fait de conflits d’usage avec d’autres exploitations agricoles, a ajouté le ministre.

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