L'Agriculteur Charentais 25 avril 2013 à 11h08 | Par Bernard Aumailley

Vins de pays charentais - Devenir prophètes en son pays

La phase qualitative acquise, ils cherchent maintenant à constituer un capital de reconnaissance via la presse spécialisée et les réseaux sociaux.

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Explication in situ de la «spécificité charentaise.»
Explication in situ de la «spécificité charentaise.» - © A-C

 


Deux jours, où quelques journalistes triés sur le volet arpentent le vignoble des vins de pays charentais, goûtent, interrogent, rencontrent, interrogent, goûtent de nouveau. Le but de la manœuvre : sortir les vins de pays charentais du relatif anonymat vinicole français. On balade de sites historiques en lieux bucoliques les-dits journalistes et blogueurs patentés de la «sphère oenologiste.» Opération séduction pour le comité des vins de pays qui veut utiliser «ces relais» comme autant de leviers à actionner afin que la production charentaise puisse trouver dans la vaste offre des vins tranquilles une place «reconnue.» Tâche ardue tant est importante l’approche du consommateur : tout est bon pour cela, l’aspect, l’étiquette, le vin, le goût, la légende, le lien avec le viticulteur. Jean-Louis Barraud le président du syndicat des producteurs, voit dans ces opérations «une volonté de mettre en avant la marque collective forte.» Selon lui, «c’est un moyen de toucher des publics plus jeunes via les réseaux sociaux.» Allier des produits de qualité à la reconnaissance de la production est la ligne de conduite. «L’enjeu est d’être reconnus d’abord dans notre territoire et ensuite de dépasser le territoire des deux Charentes. Nous sommes une production IGP, petite en volume, mais avec des contraintes de production qui nous ont conduits à la qualité depuis plusieurs décennies. Nous avons des vins faciles à consommer.» Séduire ces «prescripteurs» passe par leur venue dans le territoire de l’art roman aux vignes, des producteurs à la descente de la Charente en gabare. «Le vin de pays charentais doit être leader sur son territoire avant d’aller ailleurs» déclare Jean Barraud. Au programme des «journées presse», la visite de la cave coopérative de St Sulpice de Royan, un passage chez Stéphane Cazulet à Saint Bonnet sur Gironde, un autre chez Caroline et Mathieu Quéré-Jelineau à Chaniers, une visite éclair sur le domaine Merlet à Chérac ou au domaine du Grollet à Ségonzac en Charente. Pour IGP Vins de pays, la notoriété n’est pas suffisante hors de la région de production. «La grande distribution est réservée à des producteurs qui peuvent aligner des volumes importants et nous entrons en concurrence avec d’autres produits IGP qui n’ont pas forcément les mêmes contraintes de production que nous : nous nous les sommes données.» 

Pour Jean Louis Barraud, "les Charentais doivent devenir les ambassadeurs de la bonne qualité des Vins de pays."
Pour Jean Louis Barraud, "les Charentais doivent devenir les ambassadeurs de la bonne qualité des Vins de pays." - © A-C

Vous avez dit typicité
Goût du consommateur, bien entendu. «Les vins de cépage Sauvignon, Merlot ont la cote auprès des consommateurs, hommes ou femmes»  ajoute Jean-Louis Barraud, «avec des codes compréhensibles pour les consommateurs.» La «typicité charentaise» n’aurait rien à rougir des autres vins IGP. Afficher le cépage, la provenance est un ticket d’entrée dans la commercialisation des vins de pays charentais. Le débat est même quelque peu dépassé parmi les producteurs. Jean Barraud n’y voit pas dans cette typicité un handicap, mais un atout «pour accompagner les périodes estivales» où les Charentais sont les ambassadeurs. Pas question de forcir les gammes de production, «puisque divers cépages sont autorisés.» Tout y est. Une «somme» que Pierre Merlet décline dans cette typicité diverse : «il est difficile de déterminer un vin de pays. Les terroirs, les cépages sont très variés. Il n’y a pas un style de VPC. C’est un atout, pas un handicap. Cela permet de coller à tous les goûts et tous les usages : des vins d’apéritifs aux vins de garde.» Il poursuit : «peu de VPC ne sont plus conçus en Ugni blanc. Nous avons des cépages blancs adaptés au vignoble charentais. Idem pour des rouges. Nous avons des vrais vignerons.» La typicité est-elle vendable ? Pierre Merlet estime «qu’il faut coller au goût du consommateur en lui proposant des vins qu’il aime. Il faut trop de temps pour éduquer un consommateur.» Vins d’été, les IGP Vins de pays charentais doivent prouver qu’ils passent la rampe de l’hiver. Ailleurs dans des contrées plus froides, moins balnéaires. Pierre Merlet y croit : «avant que de conquérir d’autres marchés, il nous faut être les rois ici.» Dans un secteur très concurrentiel, il souhaite une certaine fierté des Charentais sur leurs vins. «Le vin de pays charentais n’est plus dans son ghetto !» La venue de journalistes, l’attention des réseaux sociaux s’entend avec des «bons produits.» Une reconnaissance où «la pub-pub» ne suffit pas. La publicité classique n’apporte pas la notoriété souhaitée. Pierre Merlet conclut : «plus un produit authentique qu’un produit globalisé."



Les ventes en grande distribution

Selon FranceAgrimer, les ventes de vins rosés en grande distribution poursuivent leur croissance avec 2,7 millions d’hectolitres commercialisés (+ 4,4 % vs 2010/11) pour une valeur correspondante de 849,3 M€. Pour les vins blancs, en 2011/12, le marché des vins blancs en grande distribution représente 1,6 million d’hectolitres commercialisés  pour un chiffre d’affaires de 742,8 M€ , au prix moyen de vente de 4,56 €/litre. Pour cette couleur de vin tranquille, seules les ventes de VSIG UE diminuent de 0,3 % en volume vs 2010/11 dans un contexte d’augmentation de 7,2 % de leur prix moyen de vente (à1,45 €/litre), d’où une hausse de 1,2 % en valeur vs 2010/11, soit 7,2 millions d’euros.

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3 656 élèves
Les 30 maisons familiales et rurales du Poitou-Charentes ont accueilli en 2015 pas moins de 3656 élèves en formation initiale scolaire du ministère de l’Agriculture (soit 47,5 % des effectifs de l’enseignement agricole de la région). Un effectif qui est en légère diminution: 55 élèves de moins. Une chute qui se matérialise pour au moins 4 associations par une perte de plusieurs dizaines d’élèves. Le contexte économique des territoires concernés peut être une des causes. En revanche , les chiffres concernant la formation continue progressent, avec 2532 stagiaires formés en 2015 sur 27 MFR.

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