L'Agriculteur Charentais 08 août 2013 à 10h20 | Par Lionel Robin

Visite - Voir ce que l’activité agricole peut faire pour l’économie du pays

Le président François Hollande est venu en Dordogne, vendredi dernier, visiter une boutique de producteurs et une unité de méthanisation.

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Le président de la République, entouré par de nombreux élus, s’est montré très intéressé par les explications de Gilles Trémouille, président de la Cuma de Marcillac-Saint-Quentin qui porte l’unité de méthanisation visitée par François Hollande.
Le président de la République, entouré par de nombreux élus, s’est montré très intéressé par les explications de Gilles Trémouille, président de la Cuma de Marcillac-Saint-Quentin qui porte l’unité de méthanisation visitée par François Hollande. - © Lionel Robin

«Nous sommes ici dans l’économie circulaire», lâche au détour de la conversation le président de la République, François Hollande, à son interlocuteur, Gilles Trémouille, président de la Cuma de Marcillac-Saint-Quentin. Il est vrai que l’unité de méthanisation créée par les trois exploitations agricoles du Sarladais s’inscrit bien dans cette démarche. À savoir, utiliser des déchets agricoles ou ménagers putrescibles pour produire chaleur, valorisée par les fermes, et électricité, revendue à EDF, et transformer le digestat du méthaniseur en apport azoté pour les cultures.
Cette visite du méthaniseur de Marcillac-Saint-Quentin était l’une des trois étapes de la journée passée en Dordogne par François Hollande, le vendredi 2 août. Juste avant, il est allé découvrir le fonctionnement de la Ferme du Vialard, à Carsac-Aillac, une boutique qui regroupe une quarantaine de producteurs et leur permet de vendre en direct et en un même lieu leurs produits.
«Je suis venu en Dordogne voir des exemples de ce que pouvait être une nouvelle économie agricole, a expliqué le président. Ici, vous démontrez que la méthanisation des déchets est une valorisation qui profite aux agriculteurs, aux éleveurs et, par conséquent, à l’économie locale. Quant aux circuits courts, à l’exemple de la Ferme du Vialard, c’est bon autant pour les agriculteurs que pour les consommateurs. L’agriculture peut créer de l’emploi, pour les agriculteurs mais aussi autour d’eux. C’est là notre perspective : plus d’économie pour plus d’emplois dans un environnement préservé. »
En ce qui concerne les méthanisations, sous le regard approbateur du ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, et de celui de l’Écologie, Philippe Martin, François Hollande a rappelé que son gouvernement avait mis en place le plan Énergie méthanisation autonomie azote, pace que «nous avons aujourd’hui moins de cent méthaniseurs quand l’Allemagne en compte plus de 7 000». Les professionnels périgourdins lui ont répété à l’envi qu’il était hors de question de faire, à l’exemple de l’Allemagne, des cultures pour alimenter ces unités mais bel et bien d’utiliser des déchets.

Rattrapage des petites retraites agricoles
François Hollande a annoncé, lors de sa visite, «un plan de rattrapage» pour les petites retraites des agriculteurs, pour lesquels sera désormais assurée une pension «qui atteindra au moins 75 % du SMIC». «La situation des retraites agricoles n’est pas satisfaisante, il y aura donc un plan de rattrapage», a déclaré le chef de l’État. «Nous préparons l’avenir des retraites, des petites pensions, et notamment dans le domaine de l’agriculture où il y a des femmes et des hommes, beaucoup de femmes, qui vivent avec des pensions qui sont très faibles. Et donc sera assurée une pension dans les trois prochaines années qui atteindra au moins 75 % du SMIC. C’est une promesse que j’avais avancée dans la campagne et c’est maintenant une décision», a-t-il poursuivi.

- © Actuagri

Interview de Jean-Bernard Bayard, vice président de la FNSEA en charge des questions sociales

Quels sont les objectifs de la FNSEA pour cette négociation ?
La réforme doit restaurer la confiance. Depuis plus de 20 ans, les réformes des retraites se succèdent. Et les Français finissent par se demander si leurs régimes de retraite ne vont pas un jour mettre la clef sous la porte. Pour la FNSEA, il est aussi important de trouver une solution aux déficits que de restaurer la confiance dans l’avenir par des règles équitables. Nos politiques doivent faire preuve de courage vis-à-vis des jeunes générations. Il ne suffit pas de parler de justice sociale et d’équité. Il faut que ces mots reprennent sens. En disant cela, je pense bien évidemment à la nécessité de relever les plus faibles retraites agricoles qui demeurent à des niveaux indignes. Les promesses du candidat Hollande doivent ainsi être tenues.

Concernant les mesures de retour à l’équilibre financier, quelles sont les pistes de travail de la FNSEA ?
Les déficits des régimes de retraite imposent de trouver rapidement des ressources. Il y a trois solutions pour cela : augmenter les cotisations, diminuer (ou moins revaloriser) les retraites et allonger la durée de cotisation en retardant l’âge de départ ou en augmentant le nombre de trimestres nécessaires. La FNSEA refuse toute baisse du montant des retraites et tout décrochage des retraites par rapport à l’inflation. Il est impensable d’éroder des pensions agricoles déjà, en moyenne, inférieures au minimum vieillesse (787 € par mois). La retraite minimale des exploitants n’atteint même pas l’objectif minimal de 75 % défini en 2003 lorsque les salariés ne peuvent toucher de retraites inférieures à 85 % du SMIC. De même, la FNSEA refuse toute hausse des cotisations sur les revenus du travail. Il en va de la compétitivité de nos exploitations et de notre économie. Nous nous opposons également à un nouveau recul de l'âge de la retraite. Seule une augmentation de la durée de cotisation en lien avec l’espérance de vie peut être envisageable. En effet, tous ceux qui ont commencé jeunes ne sont pas impactés… Dans ce cadre, nous demandons des possibilités de retraite anticipée pour les exploitants qui terminent leur carrière agricole en mauvaise situation physique ou financière. Ils sont aujourd’hui exclus de la retraite pour pénibilité qui implique un accident du travail ou une maladie professionnelle. Toutefois, je veux le dire avec force, notre syndicat appelle les acteurs de la réforme à élargir leur réflexion. Une réforme comptable n’est pas suffisante au regard des enjeux.

Lire la suite dans l'édition du 9 août.

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