L'Agriculteur Charentais 15 mai 2015 à 08h00 | Par Emilie Durand

Les éleveurs se rebiffent

Les cotations de FranceAgriMer sont source de tensions au sein de la filière viande bovine. Les éleveurs dénoncent une déconnection entre les cotations et la réalité.

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- © AC 17

Il existe un différentiel entre le nombre d’animaux abattus et le nombre d’animaux cotés », souligne Dominique Daul, vice-président de la Fédération nationale bovine (FNB). «Ce ne sont pas les cotations des meilleurs animaux qui sont remontées», continue-t-il. Il se passe donc «des choses» sur le terrain… Notamment au sujet des animaux de race charolaise, dont l’importance des filières qualités et la forte présence sur le marché rendent le phénomène « plus significatif». Et c’est justement ce que la FNB a voulu faire remarquer au ministre de l’Agriculture, d’où un discours fort sur les cotations publiées par FranceAgriMer depuis quelques semaines.

Des cotations manipulées selon la FNB

La FNB avait ainsi revendiqué le fait que «le dispositif public de cotations FranceAgriMer ne pouvait être que manipulé. Il n’exprime pas le reflet de la réalité du marché». La FNB appelait donc «les pouvoirs publics à leurs responsabilités » et demandait «la suspension immédiate de la diffusion de ces données, en attente d’une enquête qu’il leur revient de diligenter auprès des opérateurs économiques concernés». Une semaine plus tard, le 29 avril, Dominique Daul affirmait qu’«il n’y a pas eu de cotation en bovin cette semaine, pourtant FranceAgriMer en a publié. Ça paraît un peu gros ! Les membres des groupes régionaux de cotation n’ont pas confirmé les cotations». Si des cotations ont bien été publiées sur le site de FranceAgriMer, il était cependant précisé que «les commissions de cotations des gros bovins entrée abattoir des bassins Grand Ouest, Nord Est et Centre Est ne se sont pas prononcées sur les prix réseaux cette semaine, semaine 17 de 2015». Tous les membres de la filière, producteurs, abatteurs, coopératives et FranceAgriMer sont représentés au sein de ces commissions de cotations. «Le système est bien fait, observe Dominique Daul, seulement, nous reprochons, par exemple, de coter des catégories où il n’y a pas assez d’animaux pour que la cotation soit représentative.» Pourtant, selon Dominique Daul, «des règles précises sont établies à ce sujet». Les cotations des meilleurs animaux ne seraient également pas prises en compte pour les cotations de FranceAgriMer- cotations reconnues sur le plan national -, tirant indirectement les prix vers le bas lors de négociations ultérieures entre abatteurs et éleveurs. Une enquête demandée par le ministre Dans un contexte où les prix de la viande ne progressent pas, les éleveurs ne sont pas prêts à accepter ce genre de jeu. Dans une note du 30 avril, Agreste constate en effet qu’«en mars 2015, le recul des prix des produits agricoles sur un an» s’est poursuivi (-6,7% contre -5,5% en février), «sous l’effet notamment de la baisse des cours des grandes cultures, des produits animaux et des vins ». En mars, les cours du bétail continuent de fléchir sur un an, mais de manière ralentie (-4,3% contre -6,1% en février et -7,9% en janvier par rapport au même mois de 2014).


Suite dans l'édition du 15 mai 2015

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Le chiffre de la semaine
80 000 téc
Selon une estimation de l’Institut de l’élevage (Idele), datée de septembre 2016, ce ne sont pas moins de 80 000 tonnes équivalents carcasses (téc) supplémentaires qui devraient arriver sur le marché européen, sur les six derniers mois de l’année de 2016 par rapport à 2015. D’après l’Idele, la hausse des tonnages abattus en France, Allemagne, Royaume-Uni, Irlande, Pays-Bas, Pologne, Belgique et Danemark, «atteindrait +30 000 téc par rapport à 2015 au 3e trimestre (soit +7%/2015) et +50 000 téc au 4e trimestre (soit +10%/2015) ».

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