L'Agriculteur Charentais 16 octobre 2014 à 08h00 | Par Actuagri

«L’agriculture, c’est important pour la France»

Le Premier ministre veut restaurer la confiance. Il demande à ce que de bonnes pratiques soient établies pour les contrôles avec des procédures simplifiées et modernisées.

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Manuel Valls, Premier ministre.
Manuel Valls, Premier ministre. - © ph. graneaud/ps

Avec le CICE et le pacte de responsabilité, vous lancez plusieurs chantiers. Le monde agricole est –il concerné ?
Oui, le monde agricole est concerné. Le secteur agricole et agroalimentaire est bien plus encore qu’une filière stratégique pour nourrir les Français : c’est un secteur économique majeur pour la France, c’est plus de 1.5 million d’emplois non délocalisables. Le Gouvernement compte sur les chefs d’entreprises agricoles et agroalimentaires pour relancer la croissance et lutter contre le chômage. Les outils que nous avons créés pour la compétitivité de notre pays les concernent donc totalement. Pour les seules exploitations agricoles, dès 2014, le CICE a représenté 260 millions d’euros et il s’élèvera à 390 millions d’euros en régime de croisière à partir de 2015. La baisse des cotisations familiales des exploitants représentera 160 millions d’euros supplémentaires à partir de 2015. Je comprends que les causes des crises agricoles sont multiples. Les éleveurs, les céréaliers, les producteurs de fruits et de légumes, les vignerons, sont confrontés à des difficultés de marché, à des conditions climatiques exceptionnelles, à l’impact de l’embargo russe. La volatilité des marchés ou les accidents climatiques s’accentuent.  L’agriculture, c’est important pour la France, et pour les Français. C’est aussi un secteur d’avenir. Je veux donc restaurer un climat de confiance dans l’avenir de ce métier, conforter la diversité des exploitations agricoles et leur capacité à répondre à des objectifs économiques, environnementaux et sociaux.

Comment envisagez-vous de desserrer l’étau des complexités administratives qui suscitent des réactions si négatives dans le monde agricole ?
Nous voulons avant tout redonner du sens à l’action de l’administration. Les contrôles ne doivent plus être vécus comme une agression. Ils doivent aussi retrouver leur vocation pédagogique et de conseil. C’est également important pour les contrôleurs. J’ai donc demandé que des bonnes pratiques soient établies, afin que ces contrôles se déroulent dans des conditions où chacun connaît et respecte les droits et obligations réciproques. Il faut enfin, partout où c’est possible, simplifier, moderniser des dispositifs qui se sont parfois accumulés. C’est un des chantiers ouverts à l’occasion des Etats généraux de l’agriculture de février dernier. J’ai demandé à Stéphane Le Foll, Ségolène Royal et François Rebsamen de le poursuivre. Cela doit se faire tout en étant vigilant sur le respect de nos engagements communautaires. 

Comment voulez-vous procéder pour redonner confiance dans l’avenir aux agriculteurs français ? 
Tout d’abord en montrant que le président de la République et le gouvernement sont aux côtés des agriculteurs : ils sont un atout stratégique pour notre pays ! Ce fut le cas lors de la négociation de la dernière réforme de la PAC .Grâce à la mobilisation du président de la République, le budget a été stabilisé pour les années à venir. Ce fut aussi le cas pour défendre et obtenir des moyens renforcés en faveur de la politique d’installation, véritable enjeu pour l’agriculture de demain. Les agriculteurs français sont certainement parmi les mieux formés dans le monde et donc les mieux à même d’adapter leurs modes de production aux évolutions des demandes des consommateurs et de la société. C’est pour cela que j’ai demandé à Stéphane Le Foll et à Geneviève Fioraso, secrétaire d’Etat chargée de l’Enseignement supérieur et de la recherche, d’expertiser tous les outils et les moyens d’accompagnement pour développer l’innovation dans le secteur agricole afin de gagner en performance économique et environnementale.

Lire la suite de l'interview dans notre édition du 17 octobre sur les assises de la ruralité et la PAC

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Le chiffre de la semaine
371 440
C'est le nombre de dossiers Pac télédéclarés affiché par le ministère de l'Agriculture au lendemain de la date butoir de déclaration, le 15 juin. 99 % des dossiers ont ainsi été déclarés dans les temps. Les retardataires pourront déclarer jusqu'au 11 juillet, «moyennant une réduction de l'aide, proportionnelle au retard».

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